Comédie
de Woody Allen, mise en scène de Pierre valmy, avec Marie-Frédérique
Habert, Géraldine Azouelos, Marie Gamory, Catherine Hanilty,
Jorge Tomé et Eric Missoffe.
Plongé dans un décor à la fois très
newyorkais et très proche d’un intérieur
d’une maison située dans une banlieue américaine,
une jeune femme complètement déboussolée
fait irruption dans un dîner mondain. Voici le fil conducteur
de la pièce comme Woody Allen l'a conçu dans son
film.
Se développent sous les yeux du spectateur deux histoires
différentes à partir d’un même point
de départ. En réalité, ces deux histoires
correspondent à deux points de vue différents
: l’un voit tout sous l’angle de la tragédie,
l’autre sous celui de la comédie.
"Melinda et Melinda", revisité pour le théâtre,
est ici particulièrement réussie tant par sa mise
en scène que par le jeu des comédiens qui mêlent
ces deux histoires donc ces deux visions. Chacun des comédiens
sur scène a réussi à s’imprégner
sans aucun complexe de son personnage qu’il soient névrosé,
alcoolique, moralisateur, dominant ou dominé…
Le plus étonnant est cette facilité qu’ont
les artistes à passer d’une vision à l’autre
sans aucune difficulté. Abordé par les méandres
de la vie de ces personnages, fasciné aussi d’une
telle imagination, c’est aussi ce que l’on retient
de cette pièce de théâtre où tragédie
et comédie vont en fin de compte se mélanger.
L'interprétation de Marie-Frédérique
Habert, dans le rôle de Mélinda, est très
convaincante dans son alcoolisme compulsif ainsi que dans sa
froideur et son recul face aux évènements atroces
qu’elle a traversé. La pièce monte crescendo
comme ces comédiens plus on avance et plus l’intensité
est forte.
Les comédiennes Géraldine
Azouelos, Catherine Hamilty et Marie
Gamory, sont elles, extrêmement élégantes
à l’image de ce milieu très mondain dont
elles font partie, maris médecins, pianistes, etc...
Vous l’aurez compris tout est parfaitement orchestré
et ficelé.
Sans oublier les comédiens masculins de la pièce,
comme Eric Missoffe alias Hobie, un
acteur raté ou en fin de carrière, qui fait des
pubs pour des dentifrices, qui apportent des accents burlesques
à des situations qui peuvent ne pas l’être.
D’un autre point de vue, tout aussi brillant, Jorge
Tomé, à l’allure plus assurée,
plus classieuse, se révèle un parfait opposé
du Hobie comique. Les six comédiens sur scène,
indissociables, forment un el ensemble choral.
A la fois drôle et cinglante, cette pièce nous
donne la possibilité de se mettre dans la peau d’un
metteur en scène, d’un réalisateur, et tout
simplement de la création à l’état
pur. Peut-être que celle-ci donnera des idées à
de futurs metteurs en scène en herbe…
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