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Poney Express
Interview  (Paris)  21 juillet 2008

Nous nous sommes glissés dans la salle de répétition de Poney Express et avons volé un peu de leur temps, pour leur poser quelques questions sur leur actualité, leurs inspirations. Réponses rapides et pleines d'humour de la part d'Anna et Robin, durant cette interview chronométrée pour faute de temps.

Comment vous est venue l'idée de faire un disque ensemble ? Racontez-nous votre rencontre.

Robin : On s'est rencontré sur la route, j'étais en tournée avec mon groupe et Anna dans celui qui ouvrait pour nous, donc première rencontre, en tournée. Ensuite, avec Gaëtan, chanteur de Louise Attaque, on a produit le disque du groupe dans lequel Anna officiait, donc deuxième rencontre, en studio. A partir de là, on a senti qu'il y avait un truc, on a parlé Bob Dylan, Violent Femmes, Belle and Sebastien, c'était il y a un an, deux ans ?

Anna : Ah non ! Ce n'était pas il y a un an, c'est plutôt trois ans !

Robin : Ben, non deux.

Anna : On sait plus (rires).

Robin : Bref, on partageait quelques sensibilités.

Et donc, l'envie de jouer et d'enregistrer un album est arrivé assez vite.

Robin : Ah oui, c'est venu très, très vite. Mais c'est aussi le hasard, elle s'est pointée avec une guitare acoustique, j'avais une basse acoustique depuis longtemps, au lieu de regarder un DVD, on a fait des chansons. On a fait deux chansons et on s'est dit tout de suite, qu'on allait faire un album.

En parlant des influences que vous partagez, Dylan, Violent Femmes...

Anna : Non, pas Dylan !

Robin : Dylan, c'est un petit sujet sensible, c'est pas que je n'aime pas, c'est juste que je ne connais pas. Faut le faire de pas connaître Dylan ! Et en plus, je ne comprends pas trop le truc.

Anna : Je comprends que ça peut être chiant.

La petite voix nasillarde, c'est difficile de passer au-dessus, personnellement, ce n'est pas trop mon truc non plus.

Anna : Ah oui, c'est sûr, la voix...

Robin : Oui, c'est sûr. Si tu compares à Gordon Gano, le chanteur des Violent Femmes, lui, il a un organe impressionnant, qui me touche plus.

Anna : Moi aussi, je préfère ce type de voix.

Robin : Quoi ! Trois ans après tu retournes ta veste !!! (rires)

Poney Express est votre seul projet musical ? Vous avez mis le reste en sommeil ?

Anna :  Moi c'est enterré.

Robin : Moi c'est en vacances.

Quelle est votre actualité de l'été? Vous allez faire quelques petites dates ?

Robin : Carrément, dans deux jours on joue à Vienne, en France, avec Deportivo et BB Brunes au Théâtre Antique, c'est un super endroit pour jouer. Ensuite, on suit la tournée des BB Brunes. Puis, on va faire Rennes, Namur et Bruxelles.

Anna : Et au mois d'août, vacances !

A la rentrée, vous avez prévu une tournée pour défendre l'album ?

Anna : Oui, en octobre.

Et vous retournez jouer en Angleterre ?

Robin : On y va le 11 septembre, jouer dans un magasin de fringues.

Pourquoi un magasin de fringues ?

Robin : C'est un magasin qui, depuis les années 60, a un rapport avec la musique. Ils ouvrent tous les vendredis leur local à des groupes qui viennent jouer. Je leur commandais des fringues sur internet et une fois, le colis n'est pas arrivé. Je leur ai écrit, un peu énervé, et je me suis aperçu qu'ils étaient vraiment cool, donc j'ai fini par leur demander si on pouvait jouer chez eux.

Et le colis, tu l'as reçu moins ?

Robin : Oui, ça, c'est bon.

Au niveau de vos influences, on lit différentes choses à droite et à gauche, mais si vous deviez le définir vous-mêmes, vous le feriez comment ?

Anna : C'est vraiment tout ce qu'il y a entre la pop anglaise et le folk américain, donc ça fait plein de choses possibles entre les deux. Quand on parlait de Belle and Sebastien et Violent Femmes, ça résume bien les deux en fait, un coté folk américain et un coté pop anglaise.

Robin : Ca peut suffire mais en plus, on chante en français, ce qui change la donne. C'est ce qu'on a choisi de pousser, la pop bien ouvragée de Belle and Sebastien et le côté folk acoustique des américains.

Tout à l'heure, tu disais que plutôt que de regarder un DVD, vous aviez joué de la musique, le cinéma reste tout de même très présent dans votre univers musical.

Robin : Dès qu'on en a marre de jouer, hop, un DVD (rires)

J'ai vu une vidéo qui montre le tournage d'un clip, vous êtes dans une voiture, avec un fond filmé pour faire décor. C'est très inspiré du cinéma américain, années 60, c'est une grosse source d'inspiration.

Robin : On pourrait douter que ce soit une inspiration, est-ce qu'on traduit bien en musique, les images ? Ce que je vais dire n'est pas bon pour nous, mais c'est juste pour que tu te fasses une idée de la chose. On n'a pas d'inspiration, on aime beaucoup le cinéma. Quand on n'a plus d'inspiration, on pioche dans le cinéma, ce n'est jamais très proche, c'est comme une bouée, on est plus dans la recherche d'une atmosphère, d'une esthétique en fait.

Anna : On a choisi ça, parce qu'on ne parle pas de nos problèmes de couple dans nos chansons, on n'est pas trop littéraire, nous c'est le cinéma. Quand on dit cinéma, on ne parle pas de cinéma rare, inabordable, c'est grand public.

Vous enregistrez sans fioritures, quasiment acoustique. C'est un choix d'être le plus "naturel" possible ?

Robin :  Tout ou presque est dans ce terme naturel, les pré amplis qu'on utilise sont à lampes, ce sont de vieux outils. Cela va avec l'idée de jouer en live, tout peut être joué à deux, guitare et basse, après c'est le bricolage le plus total.

Anna : On peut faire tout l'album à deux, on l'a déjà fait.

Robin : Pour nous, c'est vachement important, c'est une démarche. A la fin des prises studio, tu dois choisir entre les différentes prises, sachant qu'en live ça fluctue. Et ça, en tout cas dans la pop, c'est essentiel à mon avis. Comme ce sont toujours les mêmes accords qui sont joués dans la pop, il faut autre chose, saisir quelque chose de simple, instinctif, de vivant.

Il vous arrive de sortir et d'aller jouer dans les bars de manière inopinée ?

Robin : On l'a fait en Allemagne, à Cardiff, c'est génial de faire ça.

Et le fait de chanter en français, c'est perçu comment à l'étranger ?

Anna : Comme c'est de la pop acoustique, c'est universel, ça se comprend tout de suite, les gens sont réceptifs, on nous a dit que ce n'était pas grave de ne pas comprendre le français, qu'ils saisissaient quand même l'idée des textes.

Et chanter en français, c'est une volonté ?

Anna : Je ne pourrais pas chanter en anglais, j'aimerais bien avoir un super accent mais je l'ai pas.

Enfin l'accent, il y a plein de chanteurs français qui ne se posent pas de cas de conscience.

Anna : Ah oui et ça tue tout !

Robin : C'est horrible et peu intéressant.

Anna : Rose, la chanteuse de Moriarty c'est parfait, mais elle est d'origine américaine. Un mauvais accent anglais, ce n'est pas beau.

Robin : Il y a un petit groupe de Bordeaux qu'on aime beaucoup qui s'appelle Kid Bombardos, mais l'accent... C'est dommage parce qu'ils sont bons. Mais le chant en anglais... C'est super scolaire et ça casse un peu le truc.

 

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En savoir plus :
Le Myspace de Poney Express

Crédits photos : Laurent Hini (la série complète sur Taste of Indie)


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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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