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The Notwist
The Devil, You + Me  (V2 / Coop Music)  juin 2008

A un moment, on a eu peur… Peur que les Notwist soient atteints du syndrome de Kevin Shields… Vous savez, cette agaçante manie de tenir les gens en haleine (la sortie d’un disque pa exemple) et puis, walou…

Il aura donc fallu attendre six ans et demi pour que les frères Acher et leur groupe accouchent du successeur de Neon Golden, qui reste aux yeux de beaucoup comme un album majeur de ce début de millénaire.

Heureusement, on est pas resté sans nouvelles de nos teutons préférés pendant ces six longues années : Micha chez MS John Soda, Markus chez les excellents Lali Puna, Martin Greitschmann bidouille sous le nom de Console. Les Notwist se sont même acoquinés avec les rappeurs de Themselves autour du projet 13 & God.

Cela fait un mois que The Devil, YOU + Me éclipse une bonne partie de ma discothèque (et pourtant il faut y aller…). Cela fait d’ailleurs très longtemps que je n’avais pas eu de rapport aussi viscéral à un disque. La dernière fois, ça devait être avec The Ideal Crash de Deus. Ce que l’on appelle des "Soundtracks to Our Lives", la bande son de notre vie. Pour le moment, The Devil, You + Me, c’est une averse de neige sous la campagne picarde, au crépuscule, une voiture sur le toit, sur la N 104, les rouleaux de la plage de la Torche sous un soleil printanier, la campagne normande sous le déluge… Ce disque cultive un sacré paradoxe, celui d’être mélancolique et enjoué à la fois. Mélancolie douceâtre pour cœurs éteints en soins palliatifs.

Après un mois d’écoute assidue, The Devil, You + Me trouve progressivement sa place auprès de Neon Gloden. Le groupe s’inscrit toujours dans la même veine cultivée depuis le formidable Shrink, sorti en 1999, où le groupe avait commencé à fusionner avec bonheur une pop mélancolique avec des influences jazz à la Talk Talk, parsemés des habillages électroniques fulgurants de Greitschmann. L’introductif "Good Lies" pourrait d’ailleurs leurrer sur la direction prise par le groupe : un riff résolument pop, proche de "Day 7" qui ouvrait Shrink.

Et puis comme toujours, au fil des écoutes, on explore un véritable mille-feuille sonore : l’alliance de l’évidence et de la complexité, les samples en embuscades sous les fondations pop ou folk. "Where in This World" renoue un temps avec la formule de Neon Golden : cordes, beats pulsatiles, xylophones et la voix doucement désabusée d’Acher. Une jolie mélasse poisseuse mais qui ne tourne jamais à vide.

"Gloomy Planets", "The Devil You + Me", "Gone Gone Gone" évoquent un Nick Drake contemporain qui aurait habillé son folk d’arrangements électroniques. Des morceaux à la mélancolie contagieuse portés par la voix désabusée et si particulière de Markus Acher. Loin d’être un chanteur exceptionnel, Acher compense par un timbre de voix singulier qui se fond à merveille dans les paysages sonores des Notwist.

"Gravity" et "Boneless" sont de loin les deux coups de maîtres de The Devil You And Me. "Gravity" part de quelques notes dissonantes pour peu à peu laisser place à un vibraphone, la voix d’Acher. Le morceau se perd ensuite dans un labyrinthe d’arpèges mélancoliques et de rythmique complexe fait des temps morts et de cavalcades. "Boneless", single potentiel de l’album, dévoile le côté guilleret du groupe. Enfin guilleret comparé à l’ensemble résolument mélancolique de cet album.

Cet été, faites vous plaisir : faites vous faire un T Shirt "ICH LIEBE DIE NOTWIST ABER NICHT TOKIO HOTEL", ou mieux encore "DIE NOTWIST UBER ALLES".

 

En savoir plus :
Le site officiel de The Notwist
Le Myspace de The Notwist


JP         
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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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