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Allain Leprest
Bataclan  (Paris)  12 mars 2008

Un rendez-vous d'exception nous fut donné pour mercredi 12 mars. Jeté dans l'enfer du cancer, ce poète camarade, on le sait, de réputation, torche enflammée devant un rideau noir. Ce soir, c'est un récital de courage qu'il nous propose, pour le panache des mots et la fidélité à la camaraderie.

Car c'est un concept tout populaire que nous propose l'artiste, avec son Chez Leprest, terrasse et comptoir de bistrot sur un coin de scène où défileront ses invités. Il s'y reposera en accueillant ses amis, sa fille, ses enfants légitimes de la plume ciselé, ses vieux frères.

A la première apparition, c'est un homme raidi par la douleur qui fait une entrée flottante. Tonnerre d'applaudissements de connaisseurs à la fois de l'exploit et du génie. Mais, certes moins en volume que par le passé, le souffleur de vers a toujours la flamme bleue, avec l'appui de ses strophes les plus personnelles, celles qu'il s'est réservées comme par pudeur. Il se chantera lui et prêtera aux autres l'universel de ses chansons. Le ravissant "Mont Saint Aignan" (près de Rouen !) rend hommage à la première enfance, on se délecte de la métaphore filée sur "La Gitane"... cinq ou six interprétations et c'est la pause "Chez Leprest" pour Allain, laissant place à son fidèle compositeur et pianiste, magicien de l'arrangement.

Romain Didier fait sonner fort l'instrument et le chant tranche, préparant le terrain à Enzo Enzo (dont Allain signa les textes de Cantate pour la mère Méditerranée sur une musique de Didier), puis défilent sous l'oeil bienveillant du maître les Fantine Leprest, Mon côté Punk, Olivia Ruiz, Loïc Lantoine, Agnès Bihl... Une écoute pénétrante d'un homme toujours en retrait sur sa chaise, attentif et aimant. On jubile à l'interprétation franchement interlope du superbe cri d'amour au côté sud d'une chute de reins ("Ton Cul Est Rond Comme Une Horloge") par JeHaN le toulousain, et c'est peu de le dire qu'un frisson d'effroi mêlé d'admiration me traverse lorsque la salle comble rugit d'émoi quand Nilda Fernandez déclame "Connaît-on encore Leprest ? Fait-il encore des chansons ?" ("Donne-Moi De Mes Nouvelles"). L'auteur de la question sourit de son bon mot à un public complice et conquis.

Les mémoires flanchent tant la plume de Leprest emporte les consciences, tel Jamait pris d'un soudain "je sais plus, je sais plus"... Quand Leprest rejoint un convive en perdition depuis sa chaise, la sincère camaraderie prend tout son sens et l'on balance entre sentiment épique et reconnaissance du coeur.

Enfin, Allain reprend ses deux ailes, visiblement revigoré par cette session collective et un magnifique "Une Valse Pour Rien" avec Fantine. La voix est plus en hauteur, la gestuelle plus précise comme celle d'un peintre, un peu d'humour d'un coin de l'oeil en malice.

Lors de nos rappels impitoyablement gourmands, on sera gratifiés d'une sorte de manifeste Leprest, "Gens Que J'aime", en forme de remerciement fondateur des récitals du bonhomme.

C'était grand en talent. C'était généreux et intense. Ecrit pour faire pleurer les pierres, danser les soleils. C'était l'évènement bonus (Allain Leprest interrompit sa tournée en 2007 pour cause de soucis de santé) d'un joyau brut de la langue en rimes, un étincellement qu'on ne peut rater.

Séance de rattrapage le 19 avril prochain à l'Européen...

 

JJ         
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# 4 janvier 2009 : reprise en douceur

Les vacances se terminent, les fêtes se font doucement oublier jusqu'à l'an prochain et Froggy's Delight reprend en douceur avec la première édition de l'année. 2009 vous proposera à coup sûr encore plus de choix culturels avec plus de musique, de théâtre, de livres et d'expos que jamais, mais également des partenariats, dont le premier seraavec le Glaz Art pour la soirée Ruby Throat et Marie Flore dont nous vous reparlerons bientôt et puis bien entendu toujours les soirées Rock is Dead .
D'ici là, voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Share" de Baptiste Trotignon,
"Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more" le CD/DVD live à la Cigale,
"A hundred million suns" de Snow Patrol,
"Dance mother" de Telepathe,
"Surfing" de Megapuss,
"Welcome to Mali" de Amadou et Mariam
et une interview de Françoiz Breut suite à la sortie de son album "A l'aveuglette",
ainsi qu'une interview de Hugh Coltman qui revient sur son bel album "Stories from the safe house"

Au théâtre :

"Trois contes de Grimm" au Théâtre National de l'Odéon
"Les tentations électives" au Théâtre du Nord-Ouest
"Claire Solen - Flash" au Petit Gymnase
"The Crazy Horror Theater Show" au Passage vers les Etoiles

Expositions avec :

"José Abad - Du timbre à la sculpture" au Musée de la Poste
la collection permanente ""Les arts du feu" au Musée National de la Renaissance
et dernière ligne droite pour des expositions qui vont bientôt fermer leur portes :
"Emil Nolde" au Grand Palais
"Dennis Hopper et le nouvel Hollywood" à la Cinémathèque française
"Packart - L'art dans le packaging" à la Designpack Gallery

Lecture avec "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra
et un beau livre "Une orfèvrerie de terre - Bernard Palisssy et la céramique de Saint Porchaire"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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