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La porte
Magda Szabo  (Editions Viviane Hamy)  janvier 2005

Comme "Rue Katalin", "La porte" commence par deux pages bouleversantes. Magda Szabo a 70 ans et elle écrit un fragment autobiographique, une rencontre fondatrice dans sa vie. Elle écrit non "pour Dieu qui connaît mes entrailles, ni pour les ombres, elles sont témoins de tout, me surveillent à chaque instant, éveillée ou endormie, mais pour les hommes".

Et pour écrire son histoire et celle d'Emerence, celle qui fut pendant des années sa femme de ménage. Mais une femme de ménage peu ordinaire, qui ne lavait pas le linge sale de n'importe qui, et qui l'a choisie comme l'élue de son cœur pour la servir avec un dévouement bestial et une vénération religieuse, à l’image de l’attachement indéfectible du chien Viola.

D'apparence, "La porte" se présente comme un récit classique sur la thématique classique maitresse-servante mais Magda Szabo mêle les genres et les registres pour développer sa narration.

C'est d'abord l'histoire d'une vie. Une vie perdue vie ravagée, méprisée, humiliée, écartant toute pitié, celle d'un cœur simple, proche de la Félicie dépeinte par Stendhal, une âme lumineuse désintéressée et entièrement dévouée aux autres sous des aspects revêches et autoritaires.

Un personnage vivant hors du temps dans une conception animiste du monde qui permet aussi d'aborder le thème de la religion domestique. Emerence gardienne du souvenir du passé garde jalousement son secret derrière la porte close de son appartement de concierge qui est devenu un lieu de mémoire.

C'est aussi l'histoire d'un amour, celui qui unit l'humble bonne et l'intellectuelle orgueilleuse, deux personnes que tout oppose, l'âge, la condition sociale, l'éducation, les croyances et le caractère, dans une tumultueuse relation mère-fille. Un amour profond dont la narratrice ne prendra la vraie dimension qu'à la mort d'Emerence, comme l'héroïne de "La ballade d'Iza".

Et puis un roman d'initiation. Comme l'inconnu christique de Pasolini dans son film "Théorème", Emerence révèle la femme et la romancière à elle-même en lui faisant prendre conscience de l'essence même de l'existence et de l'acte de création.

Enfin, Emerence, témoin muet de l'Histoire, ressemble aussi à une métaphore de la Hongrie qui a connu des périodes troubles, entre son attachement aux valeurs du passé et sa soif d'aller de l'avant sans crainte.

La plume de Magda Szabo est d'une rare sensibilité, sans sensiblerie, avec cette retenue propre aux peuples d'Europe de l'Est qui sait saisir les convulsions de l'âme avec une grande clairvoyance et une tendre humanité.

 

"Son existence était devenue une des composantes de ma vie, et au début, je fus épouvantée à l'idée de la perdre si je lui survivais, ce qui augmentait la cohorte de sombres dont la présence immanente et insaisissable me bouleverse et me plonge dans le désespoir." Magda Szabo

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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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