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Explosions in the sky
The earth is not a dead cold place  (Temporary residence)  novembre 2003

Ce troisième album d’Explosions in the Sky s’échappe avec succès du systématisme du mur avec lequel le groupe s’était distingué sur son précédent disque, la puissance implacable du "Those who tell the Truth" et leurs concerts habités les avaient en effet fait rentrer rapidement dans le panthéon du post-rock épique haut en couleur où ils risquaient de se sentir à l’étroit.

Désormais on sent clairement l’influence de la pureté incandescente de Sonna (groupe fabuleux et méconnu qui sévit aussi sous le haut patronnage de l’enthousiasmant label Temporary Residence), les crescendos délaissant ainsi un peu de puissance brute au profit de relances mélodiques en faux plat limpides, lumineuses et imparables. Cet effort de composition coupe l’herbe sous le pied (si c’était nécéssaire) des mécréants qui voient dans le post rock une écriture au kilomètre. Ici la construction des morceaux est d’une évidence et d’une fluidite qui permet une expression libre et riche, ceci parmi un tas d’autres raisons participe au fait que le nouveau disque d’EITS est une réussite

Le titre The earth is not a dead cold place traduit bien ce désir de ne pas s’enfermer dans un apitoiment de rigueur qu’on retrouve déjà dans la mélancolie romantique et éthérée des Rachel’s ou le désespoir véhément du Silver Mt. Zion. Ici on veut y croire malgré tout et cet enthousiasme permet l’accès à un univers onirique de béatitude rarement défriché dans un post-rock ici au service de frappes chirurgicales sur nos émotions les moins sombres.

Le premier titre "First Breath after coma" tire bien son énergie et ses accélérations enivrantes de cet optimisme qui convaint une fois le but atteint, que celui-ci n’importait pas tant que le chemin parcouru. Rarement l’écoute d’un disque nous traduit aussi limpidement une expérience authentique riche et enflammée sans le poids poisseux du pathos, une histoire sans parole, positive et sans barrage. On s’étonne à vrai dire un peu de la confidentialité relative de ce groupe quand on pense au succès (mérité) qu’a connu Sigur Ros ces dernières années dans un genre proche et avec un peu de lourdeur, ceci pour tenter les afficionados des Islandais qui ne connaissent encore pas d’équivalent à "Poplagid".

La grande découverte de cet album c’est bien de nous persuader que les plus belles propositions ne naissent pas toujours du trouble ou de la souffrance (on pense encore au merveilleux mais tellement à vif dernier album du Silver Mt. Zion pour ce pendant-ci), mais parfois d’une foi sereine, sans aveuglement mais optimiste : la passion. Le doute et l’inconnu sont désormais observés sans angoisse comme une promesse dans un espace des possible sans limite où la violence est force de proposition et où les mots sont fatalement vides de sens pour vous convaincre que ce disque est indispensable voire parfois merveilleux.

Quelques éclats de poussières d’étoile dans l’ombre humide.

 

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# 16 novembre 2008 : Pendant le mix, l'information continue

A quelques jours de la dernière soirée des Grenouilles dans le mixer pour l'année 2008, les chroniqueurs n'ont pas oublié de rendre leurs devoirs et c'est encore une pluie de chroniques musique, théâtre, expos qui vous attend . Alors en attendant de vous voir nombreux le 22 à l'Orange Mécanique, voici le programme de la semaine.

Côté musique :

"Intimacy" de Bloc Party,
"Is it the sea" de Bonnie Prince Billy,
"Gagnants Perdants" de Noir Désir et Eiffel,
"The chemistry of common life" de Fucked Up,
"Analogic" de Jade,
"Temporary people" de Joseph Arthur,
"Disque numéro 1" des Vedettes que vous pouvez retrouver en interview,
"The Music 1972-2008" de Phil Manzanera, en Interview et en Froggy's Session,
des concerts avec :
Mademoiselle K et Elyas Khan au Fil de Saint Etienne,
Russian Circles, These arms are snakes à Mains d'oeuvres,
The Datsuns, Four dead in Ohio et El Guapo Stuntteam à la Maroquinerie,
Pendulum et South Central à l'Elysée Montmartre
et une nouvelle émission du Morceau caché à découvrir ici !

Au théâtre :

"L'échange" au Théâtre du Soleil
"Jacques et son maître" au Théâtre 14
"Le suicidé" au Théâtre 13
"Les sept jours de Simon Labrosse" au Théâtre de l'Opprimé
"Meurtre par omission" au Théâtre L'Atalante
"Comme si on s'aime" au Théâtre du Soleil
"Mélinda et Mélinda" au Vingtième Théâtre
"Barbara, 20 ans d'amour" au Théâtre Petit Hébertot
la 2ème Master classe de novembre de Jean-Laurent Cochet
des reprises à ne pas rater : "Drôle de nuit" au Théâtre Le Funambule Montmartre et "La cantatrice chauve" au Théâtre Le Passage vers les étoiles
et toujours à l'affiche :
"Baroufe à Chioggia" au Théâtre Clavel
"Tante Olga " au Théâtre de la Huchette
"Comme ils disent" au Mélo d'Amélie
"Gauthier Fourcade - Le secret du temps plié" au Théâtre Rive Gauche

Expositions avec :

"Van Dyck" au Musée Jacquemart-André
"Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" à la Cinémathèque Française
"Jacques Villeglé - La comédie urbaine" au Centre Pompidou
"Göksin Sipahioglu - Monsieur Sipa, Photographe" et "Marie-Paule Nègre - Des artistes dans leur monde II" à la Maison Européenne de la photographie
"Henri Cartier-Bresson - Walker Evans - Photographier l'Amérique1929-1947" à la fondation Henri-Cartier Bresson

Un peu de lecture avec "Chronique du règne de Nicolas 1er" de Patrick Rambaud

et enfin du cinéma avec "La vie moderne" de Raymond Depardon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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